Après que LongTu eut dit au revoir, D. Zi et Tyre arrivèrent au dix-huitième secteur et virent s'élever un bâtiment de dortoir après l'autre, chacun perçant loin au-dessus des nuages. D. Zi ne put s'empêcher de rester bouche bée. Il était évident que son air ahuri provenait des hauteurs vertigineuses des immeubles qui les entouraient. Tyre, lui, se tenait sur le côté en hochant la tête frénétiquement. Oui ! C'est exactement comme doit réagir une personne normale. Diable, en tant que Lunaria, Tyre avait eu des réactions très semblables à l'époque.
Cependant ! Aujourd'hui n'était pas pareil qu'autrefois ! En tant que Tyre, il connaissait déjà l'existence des escaliers mécaniques et pouvait rejoindre sa destination, le dix-neuvième étage, en un clin d'œil ! Une telle hauteur pouvait être franchie en un battement de paupières !
D. Zi dit un bref adieu, laissant sa fréquence de pierre spectrale à Tyre, et laissa ce dernier se rendre tranquillement tout seul au bâtiment de dortoir T8. Juste au moment où il s'apprêtait à emprunter paisiblement l'escalier mécanique (NOTE DU TRADUCTEUR : Autant l'appeler escalator dès maintenant), un homme d'âge moyen poussa soudain la porte de la loge de garde et en sortit.
« Où vas-tu, petit ? Les escaliers sont par là. »
Escaliers ? Tyre se sentit mal à l'aise. Il tourna la tête pour détailler l'individu.
Cet homme d'âge moyen avait des yeux qui dégageaient l'aura d'un général. De longues années impitoyables avaient creusé des rides aux commissures de ses lèvres. Mais une fine barbe lui donnait complètement l'air d'un oncle. Cela, ajouté à son corps explosif, n'aurait pas surpris Tyre si l'homme avait pu le couper en deux d'une seule main.
« Oncle, et vous êtes… »
« Petit, tu peux m'appeler oncle, mon nom n'a pas d'importance. Mais si tu tiens absolument à m'étiqueter avec une identité, appelle-moi l'administrateur, car je suis l'administrateur de ce dortoir, ici. D'après tes yeux, je vois que tu es un nouvel étudiant. Quel est ton nom ? »
Tyre n'apprécia pas le ton employé par l'oncle, et, à cause de cela, il gâcha de précieuses secondes sans penser à rien. Après quelques secondes gênantes, Tyre répondit :
« Enchanté, administrateur. Aujourd'hui, je suis un nouvel étudiant, qui vient de réussir l'examen d'entrée, et je m'appelle Tyre. J'habiterai dans ce bâtiment de dortoir au dix-neuvième étage, chambre 8. Je compte sur votre bienveillance pour la suite. »
« Laissons la modestie, veux-tu ? Ici, je me fiche de comment ou quoi tu fais pour t'amuser, tant que ça ne dépasse pas le règlement du dortoir. Oh, et si des étudiants d'autres bâtiments viennent faire du grabuge, je serai le premier à les mettre dehors. »
La personnalité naturelle et rafraîchissante de l'oncle fit qu'il plut encore plus à Tyre. C'était bien mieux que ceux qui ne font que payer de mine.
« Dites, oncle, tout à l'heure, pourquoi vouliez-vous que j'utilise les escaliers ? » Tyre souleva ce point qui le perplexait encore. Cependant, l'oncle dit :
« C'est parce que quelques gamins pourris ont cassé l'escalator, donc il faudra un mois avant qu'il ne soit officiellement remis en service. Donc pour l'instant, fais avec et grimpe ces escaliers. »
Quoi ? Sur le coup, Tyre crut avoir mal entendu. Il recula du bâtiment de dortoir pour avoir une meilleure vue, et leva les yeux.
« Oncle, mais je suis au dix-neuvième étage. »
« Considère ça comme un entraînement, alors, et développe cette force qui vous fait tant défaut à vous autres petits. Qu'est-ce que tu as à avoir peur, tu devrais agir plus en guerrier ! Bref, tu dois grimper ! C'est la seule option ! » L'oncle tendit un gros pouce en l'air vers Tyre et sourit. Ce sourire glaça Tyre sur place. Le problème, c'est qu'il n'avait de l'endurance, pas de la force.
Quand Tyre atteignit le dix-neuvième étage, c'était déjà l'après-midi. Il arracha précipitamment son masque noir et haleta pour respirer l'air frais. En conséquence, Tyre avait souffert mille morts en gravissant ces escaliers. Après tout, une fois au bout de son parcours, il ne pouvait que redouter la prochaine fois qu'il devrait faire le trajet en descendant les escaliers ; serait-il seulement capable de reprendre son souffle à la fin ?
Merde ! Qui était le coupable qui avait cassé l'escalator ? Tyre voulait faire monter son dou qi, alors pourquoi était-il forcé de faire monter sa force ? Bien que les deux méthodes puissent augmenter son endurance, de façons différentes, il était évident que la première était plus efficace.
Mais quand Tyre ouvrit la chambre 8 du dix-neuvième étage, il entendit une voix vive et alerte à l'intérieur, qui racontait avec application quelques anecdotes amusantes. Cependant, la voix de l'autre homme lui sembla un peu familière.
Il fixa les yeux sur la source de la voix, qui était assise sur le bord d'un lit. Lentement, il réalisa que l'un de ses colocataires était blond. Sans réfléchir, Tyre referma immédiatement la porte.
Un son interrogatif vint de l'intérieur de la pièce, l'homme ne comprenant pas pourquoi Tyre avait refermé la porte juste après l'avoir ouverte. Dehors, cependant, Tyre hyperventilait, les yeux écarquillés de choc. Quelle malchance ! De l'autre côté de la porte se trouvait ni plus ni moins que le jeune maître Claude. La seule bonne chose, c'est que Claude avait le dos tourné et ne put apercevoir le visage de Tyre. Si ça s'était produit… ça aurait été vraiment grave.
Tyre prit deux grandes inspirations supplémentaires, remit son masque, et rouvrit à nouveau la porte.
« Bonjour à tous. »
« Salut. C'était quoi tout à l'heure ? Tu as claqué la porte et tu es sorti sans rien dire », dit le garçon sur le canapé sur le même ton doux. Il se leva et marcha vers Tyre, tendant la main droite. Tyre emboîta le pas immédiatement et serra fermement sa main dans une poignée de main.
« Je viens de recevoir un appel sur ma pierre spectrale magique, et j'ai dû sortir, désolé », mentit Tyre.
« Ah, ce n'est rien. Bon, alors faisons connaissance, voulez-vous ? Je m'appelle Constantine, de l'Empire de Xigely, et voici Claude, qui vient du Duché Hillier et serait le fils d'un duc. Et le propriétaire de ce lit vide vient de sortir de la pièce. Mais quand il reviendra, ne montrez pas votre surprise, n'agissez pas surpris, ne soyez pas surpris. Sinon, vous blesserez ses sentiments et lui briserez le cœur. »
La dernière phrase de Constantine secoua Tyre. Ne pas agir surpris du tout ? Cette personne était-elle si laide que ça ? Si le membre mystère était vraiment laid, Tyre était confiant qu'il pourrait garder son sang-froid. Après avoir réfléchi un moment, Tyre adressa un large sourire directement à Claude avant de commencer sa présentation.
« Je m'appelle Tyre. Je viens de l'Empire de Xigely, du Duché de Xavier. En passant, j'ai déjà eu le plaisir de rencontrer maître Claude. »
Bien sûr, Claude se souvenait encore de la première fois qu'il avait rencontré Tyre, dans la forêt, donc Tyre prit soin de ne pas mentionner où ils s'étaient rencontrés auparavant.
« Le monde est petit », dit Claude en souriant. Il se leva lentement et marcha vers Tyre, tendant la main pour une poignée de main. « Hum, depuis le banquet d'anniversaire du Duc, monsieur Tyre, votre puissance me semble bien différente. Il semble que vous ayez obtenu des techniques terrifiantes. »
« Maître Claude, vous plaisantez. Comment pourriez-vous dire que mes techniques sont terrifiantes alors que vous êtes là ? » Tyre dit ces mots sur le ton de la plaisanterie, mais son cœur abritait une jalousie sans limite. Mais si Claude avait vu ses sourcils, cela aurait certainement ruiné tous les efforts que Tyre avait mis dans ses paroles ! Avec beaucoup d'hésitation et d'efforts, Tyre serra la main de Claude et ils échangèrent une poignée de main.
À ce moment, Constantine roula des yeux et dit :
« Qu'est-ce que vous foutez ? De quoi vous parlez, jeune maître et tout le tralala ? Ici, c'est Avalon. Nous ne sommes plus maître et serviteur, noble et roturier, non. Nous sommes tous des étudiants ici. Il est temps de changer votre façon de penser. »
Les paroles de Constantine laissèrent un pâle sourire sur les visages de Tyre et Claude. Oui, ils étaient étudiants à Avalon. Ils n'étaient plus jeunes maîtres, jeunes filles, ou nobles. Ils se tenaient tous sur un pied d'égalité, sur un terrain de jeu nivelé.
« Si c'est comme ça, pour les sept ans à venir, prenons soin les uns des autres », dit poliment Tyre. Constantine et Claude prononcèrent des phrases semblables avant de sourire et de s'asseoir sur les lits.
« Eh bien, Tyre, à partir de maintenant, ce sera ton lit. Cette école n'a pas de chambres individuelles, elle a plutôt de grands dortoirs avec quatre lits dedans. Je pense que c'est mieux comme ça parce qu'on peut socialiser plus facilement sans trop de peur », dit Constantine, sans adresser ses paroles à qui que ce soit en particulier. Il ne cherchait pas à isoler Tyre ou Claude, car tous deux étaient des hommes très puissants qui n'avaient pas besoin de se cacher.
Pendant que Tyre digérait cela, la porte s'ouvrit doucement et une fille aux cheveux argentés mi-longs entra. Tyre afficha une expression hébétée. Ce n'était pas le dortoir des garçons ? Pourquoi y avait-il soudain une fille ? La fille aux cheveux argentés le fixa en retour, vit son étonnement, et se tourna vers Constantine en disant :
« Constantine. Est-ce que tu as dit ou non à mes camarades ma situation ? »
Constantine rit en disant : « Disons que je voulais voir la tête de Tyre quand tu entrerais ! Il me tue avec sa tronche ! » Il éclata de rire de plus belle. Sur le côté, assis, Claude, dont la bouche s'incurvait en un sourire, essaya de garder son calme.
« Bon, bon, laissez-moi vous présenter. Celui-ci c'est Tyre. Comme moi, il vient du Duché Hillier de l'Empire de Xigely. Ne faites pas attention à son masque. C'est son petit truc à lui. »
Sans aucune explication, Tyre fixa la fille, toujours incertain de pourquoi une fille se trouvait dans le dortoir des garçons. À ce moment, Claude se tourna vers Tyre et dit :
« Tyre, voici Yao Yunqi, qui est un garçon du Royaume Suzaku, province du Zhejiang. »