Pendant ce temps, les forces spéciales des neuf pays restants, à l'exclusion de la Nation M, avaient grimpé par différents flancs de la montagne.
Personne n'emprunta la porte principale, craignant une embuscade, et au moment où ils eurent fini de gravir la pente en tentant d'éviter tout guet-apens, deux heures s'étaient déjà écoulées.
Quand tout le monde fut enfin parvenu au sommet, ils ne découvrirent qu'un plateau nu et désert, sans le moindre soldat armé, ce qui les surprit tous.
« Grâce à vous, mes hommes ont eu le temps de filer », les nargua . « Vous étiez en bas il y a deux heures, et il vous a fallu deux heures pour monter. Vous avez été d'une prudence... Et vous appelez ça une alliance entre neuf pays. Tsk. »
Le groupe de forces spéciales n'osa pas baisser sa garde, et certains firent signe à quelques soldats de commencer à fouiller méthodiquement les alentours à la recherche d'une éventuelle embuscade.
Après avoir vérifié toutes les maisons et les camps, confirmant qu'ils étaient vides, ils encerclèrent sur la place.
Le capitaine de la Nation R l'interrogea : « Pourquoi n'êtes-vous pas parti avec les autres ? »
« C'est une mission de décapitation. À quoi bon fuir puisque vous me traquerez tous pour la mener à bien ? Dans l'histoire, il n'y a pas un seul cas où un chef a survécu à une mission de décapitation. »
« Vous êtes rudement cultivé. Si c'est le cas, pourquoi n'avez-vous pas renvoyé les corps des soldats de la Nation M plus tôt ? Vous savez très bien que ce que vous faites est une provocation envers les Forces Spéciales, envers toutes les Forces Spéciales de ce tournoi. »
« C'est donc ça votre raison de me prendre pour cible, hein ? » ricana . « Vous avez le droit de nous tuer dans le cadre de votre exercice militaire, mais nous n'avons pas le droit de résister ? »
« Vous avez tout à fait le droit de résister, mais en êtes-vous capable ? » Le capitaine de la Nation R ricana. « Et si vous essayiez de résister, maintenant ? »
promena son regard sur les 280 soldats présents, sans se presser, un sourire aux lèvres. « En d'autres termes, vous êtes montés ici sans trop d'efforts, mais au final, qui va me prendre la vie ? Je ne peux pas être découpé en morceaux pour que vos neuf pays en aient chacun une part, si ? Débrouillez-vous d'abord pour ça. »
C'était effectivement un problème.
Les soldats des neuf pays se dévisagèrent, et ce fut le camp de la Nation R qui prit la parole le premier en s'adressant aux autres équipes. « Il a raison, comment on se le partage ? »
Les autres étaient tout aussi perplexes car ils pensaient chacun devoir se frayer un chemin par la force, et que le dernier debout l'emporterait. Aucun n'avait prévu que la montée serait si facile, et qui plus est, ils ne s'attendaient pas à ce que leur cible les attende sans opposer la moindre résistance.
Désormais, quel que soit celui qui voudrait s'emparer de la vie de , les autres pays ne seraient pas d'accord.
« Et si on s'affrontait en duel ? » proposa un soldat de la Nation R.
À peine l'avait-il suggéré que les autres soldats, moins forts au combat singulier, manifestèrent leur mécontentement. « Vous, vous êtes forts en duel, mais notre équipe excelle dans le travail d'équipe. Quel intérêt de se battre en solo ? Battez-vous en équipe, si vous l'osez ! »
Les soldats de la Nation R répliquèrent : « Eh bien, c'est toujours possible de vous accorder des places en duel, non ? J'affronterai deux d'entre vous tout seul ! Ça va ou pas ? »
C'est à ce moment que le capitaine de la Nation I intervint : « Eh bien, nous, on veut deux places aussi. »
« Dégagez ! Votre puissance militaire est déjà forte, arrêtez de faire les pays faibles », rétorqua la Nation R.
bâilla. « Vous vous battez ou pas ? Je m'endors, dépêchez-vous. »
D'autres pays suggérèrent : « Il n'y a qu'une seule cible. Peu importe qui y va en premier. On est tous arrivés en haut en même temps, donc on devrait tous avoir une part. Si on y va tous en même temps, ça ne correspond pas à l'énoncé de la mission, donc il faut encore trouver un moyen de se disputer à qui il appartiendra. »
Le capitaine de la Nation R : « On l'a déjà dit. En duel ! À moins que vous ayez une meilleure méthode. »
À ce stade, les forces spéciales de la Nation Britain proposèrent : « Puisque personne ne sera convaincu par une comparaison de force, pourquoi pas le hasard ? »
Tous : « Comment on fait ? »
« Un revolver avec seulement cinq balles. Celui qui aura la malchance de tirer les balles perd. Oui ou non ? » Le soldat de la Nation Britain continua : « Je crois qu'on est tous des experts dans le maniement des armes et qu'on connaît les bases de ce genre de jeu. Une seule des six chambres est vide, et celui qui ne tirera pas la balle passera au tour suivant. Inversement, ceux qui tirent une balle sont éliminés. »
Leurs yeux brillèrent d'enthousiasme en entendant les règles. S'il n'y avait qu'une seule balle, ces soldats qui manipulaient tout le temps des revolvers pouvaient à peu près entendre l'emplacement exact de la balle quand ils la faisaient tourner. En revanche, si on faisait l'inverse avec cinq balles et une seule chambre vide, et qu'ils n'avaient le droit de tirer que sur le vide ; ce serait plus intéressant et plus difficile à réussir.
acquiesça aussi. « D'accord, alors, lequel d'entre vous y va en premier ? »
Un tireur de la force de la Nation Britain s'avança. « J'y vais. »
Il tira cinq balles devant tout le monde à une portée efficace de cinquante mètres et libéra le barillet de la main.