Peut-être le superviseur ne voulait-il pas que le membre timide de l'équipe logistique insuffle des pensées négatives à Xu Cheng et l'effraie au point de lui faire refuser le poste de nuit, alors il s'approcha et lui tapa sur l'épaule. « Hé mon vieux, tu n'as plus à faire les quarts de jour. Présente-toi ce soir à 21h30 et assure le service jusqu'à 8h00 demain matin. »
Xu Cheng se leva et acquiesça.
Le superviseur appréciait et respectait ceux qui ne craignaient pas les ennuis, et il dit à Xu Cheng d'une voix chaleureuse et bienveillante : « S'il y a des problèmes, on les affronte de front, sinon à quoi bon être policier, hein ? Notre société est régie par la loi, alors qui peut se placer au-dessus de la loi ? Avec la loi derrière nous, si quelqu'un cherche la bagarre, on l'arrête et on le laisse discuter avec la loi. »
Xu Cheng acquiesça. « D'accord, je reviendrai ce soir. »
Le superviseur sourit et hocha la tête.
À présent, Xu Cheng n'avait plus rien à faire pendant la journée. Pour être honnête, ça l'arrangeait, car il pourrait utiliser ce temps pour s'entraîner et espérer récupérer plus vite. S'il avait eu un quart de jour, il n'aurait plus eu le temps de s'entraîner.
Il rentra dans son appartement, sortit de l'ascenseur au dernier étage et aperçut une femme « tueuse de dos ». Une tueuse de dos, c'est quand le dos d'une femme, sa silhouette magnifique, suffit à vous happer le cœur et vous faire penser qu'elle vaut au moins 7 sur 10. Bien sûr, il y a aussi des tueuses de dos qui, une fois retournées, vous font saigner les yeux au lieu de vous faire baver.
Peut-être entendit-elle l'ascenseur s'ouvrir, la femme à la silhouette fine qui patientait dans le hall avec ses bagages se retourna. Ce visage splendide méritait un 9 sur 10.
La femme ne semblait pas pressée d'engager la conversation, mais voyant Qingfeng sortir ses clés et s'apprêter à ouvrir la porte, elle parla avec stupéfaction : « Tu es le nouveau résident qui emménage à cet étage, non ? »
Xu Cheng la regarda d'un air bizarre. Un short en jean qui mettait en valeur ses jambes longues, fines et d'une blancheur neigeuse, plus une chemise légèrement ample et cintrée, la tenue soulignait parfaitement son allure. Elle avait l'air de cette fille douce qui aime rester chez elle.
« C'est moi », répondit-il.
À peine eut-il fini que cette jolie fille au regard doux s'approcha, saisit le poignet de Xu Cheng et, d'un rapide ippon seoi nage, projeta au sol Xu Cheng, qui n'était pas sur ses gardes.
Putain de merde. Il était vraiment surpris. Il ne s'attendait pas à ce qu'une femme à l'apparence si vulnérable puisse projeter par-dessus son épaule un gaillard de 1m90 comme lui.
Xu Cheng décida de rester allongé par terre le temps de comprendre ce qui se passait. La technique qu'elle venait d'utiliser était sans conteste une technique de combat rapproché employée par la police ou l'armée. On aurait dit que cette femme exerçait le même métier que lui.
La femme se baissa et dit en grinçant des dents : « Je passais de bons moments ici jusqu'à ton arrivée. Tu te crois tout permis parce que t'as du fric ? Tu sais pas que c'est la galère pour se loger à Shangcheng en ce moment ? Y a un ordre d'arrivée, non ? Si quelqu'un doit déménager, c'est toi. Sinon, je squatterai devant ta porte tous les jours. Si t'as les couilles d'emménager tranquille, je m'occuperai de toi chaque fois que je te croiserai. T'as compris ? »
Xu Cheng sourit et secoua la tête.
« Qu'est-ce que tu rigoles ? » demanda la femme avec dédain.
Xu Cheng donna soudain de la force dans ses deux jambes, se propulsa de quelques centimètres vers le haut devant elle et la projeta par-dessus son épaule. Puisque c'était une consœur, il décida de lui rendre la pareille. La femme voulut résister quand elle sentit son poigné saisi, mais elle réalisa soudain que la force et la technique de Xu Cheng étaient bien supérieures aux siennes. Sous le choc, elle perdit l'équilibre et s'écroula au sol. Xu Cheng avait quand même dosé sa force ; sinon, la femme se serait fait écraser au sol comme Hulk l'avait fait à Loki.
Xu Cheng tapa sur ses vêtements pour en chasser la poussière et répondit : « Si tu veux me tabasser chaque fois que tu me vois, je m'en fiche, je te rendrai la pareille. »
Puis il poussa la porte et entra. Juste au moment où il allait la refermer, la femme glissa tout son bras dans l'entrebâillement pour l'en empêcher : « T'es encore un homme ? Tu oses frapper une femme ? »
Xu Cheng pensait que la femme retirerait son bras pour éviter de se le coincer dans la porte, alors il continua de la fermer. La porte coinca le bras de la femme, et elle cria de surprise.
Mais elle ne retira pas son bras, et Xu Cheng ne put refermer la porte.
« Je suis seulement responsable de mon emménagement, pas de ce qui te concerne. Si t'as quelque chose à dire, adresse-toi à la société de gestion », dit Xu Cheng.
« Mais… » La femme était anxieuse. « C'est vraiment trop dur de se loger à Shangcheng. J'ai enfin trouvé une place ici et j'habite là depuis un mois, comment je peux redéménager du jour au lendemain ? C'est pas un peu trop cruel ? »
« Si je me trompe pas, la société de gestion t'a versé le double du loyer mensuel en compensation ? Ça suffit toujours pas ? » répondit Xu Cheng.
« Je veux pas la compensation, fais juste pas que je déménage. C'est vraiment pas facile de se loger en ce moment, et cet endroit est super près de mon boulot… En plus, au minimum, préviens-moi pas si court… Je veux dire, quel est ton problème ? Il y a quatre appartements au dernier étage, et tu veux tous les vider pour les réunir ? T'as besoin de 10 000 pieds carrés rien que pour toi ? C'est pas un peu trop solitaire ? Écoute, donne-moi juste une chambre, je te paie le prix du marché », proposa la femme.
« Pas intéressé, j'ai pas besoin de fric », répondit Xu Cheng.
Les yeux de la femme s'écarquillèrent. « HEIN?! T'es un homme ou pas ? Les autres mecs feraient n'importe quoi pour juste m'aborder, et toi tu refuses l'occasion de cohabiter avec moi ? C'est ta chance, OK ? Si c'était un autre, il m'aurait invitée sans me demander un centime. »
« Alors va voir quelqu'un d'autre », dit Xu Cheng en se préparant à claquer la porte. Peut-être sentant le danger et voyant son visage impassible, la femme eut peur cette fois et retira son bras.
Après que Xu Cheng eut claqué la porte, la femme dehors dit avec colère : « C'est facile pour une p'tite fille d'être loin de chez elle toute seule ? Je viens d'être mutée au Service de la Police Criminelle de Shangcheng, je connais pas la ville, j'ai pas d'amis, et en plus je dois gérer des dossiers sérieux en ce moment. Comment je peux trouver le temps de chercher un logement ? »
En entendant qu'elle venait aussi d'être mutée à Shangcheng, il s'arrêta, fit demi-tour, rouvrit la porte et demanda : « Montre-moi tes papiers. »
La femme se leva et sortit machinalement sa carte : « Je mens pas. »
Xu Cheng soupira, puis lui dit : « Tu me connais pas, mais tu oses vivre sous le même toit que moi ? Avec un mec bizarre qui vit si près de toi, t'as pas peur ? »
La femme n'était pas bête non plus. Elle esquissa un faible sourire : « C'est pour ça que je t'ai montré ma carte de flic. Même si t'es con, tu ferais pas n'importe quoi avec une flic du criminel, non ? En plus, on partage juste un étage entier, pas une seule chambre. J'ai vraiment pas le choix, mais je trouverai un truc une fois que j'aurai bouclé mes dossiers. »
« Entre. » Xu Cheng tira la porte et s'éloigna.
La femme était aux anges, et elle ricana : « T'as enfin reconnu ta défaite devant ma belle gueule ? »
Xu Cheng vit qu'elle entrait sans fermer la porte, alors il rit et répondit : « T'as peur ? »
« Qui a peur ? » ricana la femme.
« Comment tu t'appelles ? » demanda-t-il.
« Ran Jing. Et toi ? »
« Xu Cheng », répondit-il en la regardant avec un demi-sourire. « Si t'as pas peur, pourquoi tu fermes pas la porte ? »
Merde, ce type a un esprit affûté. Il n'était pas simple, capable de repérer un indice aussi insignifiant en apparence.
En tant que flic du criminel, elle se sentit un peu gênée et mal à l'aise, voyant son petit stratagème percé à jour par le gars en face d'elle.
Elle leva et tendit sa jambe en arrière et claqua immédiatement la porte. Puis elle le regarda avec moquerie et dit : « Et alors ? Elle est fermée maintenant. »
Xu Cheng annonça : « Tu peux emménager, et tu choisis une chambre après moi. T'as pas à payer de loyer, tu fais juste le ménage quand tu rentres du boulot. »
Xu Cheng n'était pas fainéant, il voulait juste pas prendre du temps sur son entraînement pour faire les tâches ménagères.