— C'est scandaleux ! Mu Wan était furieuse. « Elles ne me prennent pas au sérieux, c'est ça ? Très bien, Zhao Chun, tu fais passer le mot que je me sens lésée par la boîte et que je veux résilier mon contrat pour changer d'agence. On verra si Zhang Tianyu va s'inquiéter ! C'est toi qui me représenteras et qui le diras aux médias personnellement, comme ça ça aura plus de crédibilité. »
L'agent était légèrement excitée.
Puisque Mu Wan touchait une prime à la signature, elle pouvait empocher une commission elle aussi.
Zhao Chun transmit l'info illico aux médias avec qui elles collaboraient d'habitude, et ceux-ci balancèrent la nouvelle sur-le-champ, en Une sur Weibo et toutes les autres plateformes.
Une fois rentrée dans son appart, Mu Wan mata l'heure et attendit que le téléphone sonne.
Elle savait que l'affaire serait réglée d'ici ce soir.
Pourtant, le portable de son agent ne pipa mot.
Le service communication de la boîte ne bougea pas le petit doigt pour clarifier sur Weibo et laisse courir la rumeur.
Ni le réalisateur ni le président ne l'appelèrent, sans parler de s'inquiéter, on aurait dit qu'elles s'en foutaient royalement !
Quand l'heure du coucher approcha, Mu Wan ne tint plus en place et demanda à son agent pendant qu'elle posait un masque sur son visage : « Alors, personne t'a appelée ? »
L'agent secoua la tête. « J'ai trouvé la nuit bizarrement calme, c'est parce que le téléphone n'a pas sonné. »
Mu Wan : « Ta batterie est à plat ? »
L'agent : « Non, je l'ai gardé en main tout le temps. »
Mu Wan : « T'as payé nos factures ? Il est coupé ? Essaie d'appeler quelqu'un. »
L'agent rigola jaune. « S'il est coupé, c'est ma négligence d'agent. Il peut pas l'être parce que même si je dépasse, j'ai encore des milliers de yuans de report. »
Mu Wan sortit son propre portable et lâcha, impitoyable : « J'y crois pas qu'autant de temps se soit écoulé sans que personne ne s'inquiète. Vous voulez tester mon attitude ? Eh ben tant pis pour vous, ne me blâmez pas d'être sans pitié. Je vais appeler d'autres boîtes, et je signerai chez celle qui acceptera de payer ma clause de rupture ! »
Sur ces mots, elle appela le patron d'une boîte de prod qui lui avait témoigné le plus de sincérité auparavant.
« Allô ? Président Bi, c'est moi, Mu Wan. »
« Je sais, qu'est-ce qu'il y a ? »
« T'as entendu parler de mon buzz sur Weibo ? Oui, c'est vrai, et j'ai réfléchi : j'ai été assez sympa avec cette boîte. Si elles ne me témoignent pas assez de respect, je veux aller voir ailleurs. »
Président Bi : « Et Miss Mu Wan veut aller dans quelle boîte ? »
Mu Wan fut sidérée par sa réponse.
Ce n'était pas le dialogue qu'elle attendait.
Il aurait dû être enthousiaste et accueillant, et dire un truc genre : « D'accord, viens dans ma boîte. Je paie la clause de rupture en plus de la prime de signature et je te file nos meilleures ressources. »
Mais le scénario ne semblait pas vouloir se dérouler comme Mu Wan l'avait imaginé.
« Président Bi, vous savez vraiment causer. Je suis sérieuse pour quitter Dayu et tout à l'heure vous m'avez fait une belle offre. Je pense que c'est le plus judicieux d'aller chez vous, c'est pas ce que vous avez dit ? C'est du gagnant-gagnant, et je crois en vos ressources comme en mes atouts et ma popularité ! »
L'autre au bout du fil ricana sombrement. « J'ai dit ça ? J'ai prononcé ces mots ? Miss Mu Wan, désolé, mais j'ai une réunion là. Pas commode d'en parler au téléphone, mais si vous êtes sûre de la boîte que vous visez, faites-moi signe. »
Mu Wan : « Pour faire quoi ? »
Président Bi : « Pour me tenir à l'écart d'une boîte qui joue avec le feu et couper toute collaboration histoire de pas me brûler. Hahaha, je déconne. Je raccroche. »
Mu Wan serra les dents et recula d'un pas. « Président Bi, je peux laisser tomber la prime de signature ! »
Président Bi : « Maintenant que vous en parlez, je me rappelle cette prime. Je l'ai refilée gratis à votre Président Zhang. Vous savez pourquoi ? Je l'ai remercié de m'avoir rappelé de pas jouer avec le feu. Allez, soyons directs : notre boîte ne vous veut pas. Allez voir ailleurs. Au revoir. »
Une fois le combiné posé, Mu Wan resta là, déstabilisée, un long moment, et de rage elle balança son portable.
Comme elle était en furie, le téléphone de son agent sonna.
« C'est le président ! » s'exclama l'agent, excitée.
Mu Wan ricana. « Enfin, il s'inquiète, hein ? Mets-le sur haut-parleur ! Voyons ce qu'il a à dire ! »
L'agent acquiesça, décrocha et bascula sur haut-parleur.
Dès que l'appel fut pris, Zhang Tianyu grogna : « Salope, tu veux faire la Une ? Rentre au bureau ! J'ai tous tes contrats de résiliation sur mon bureau. Si tu viens pas signer, je te tue ! »