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Chapitre 78

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Chapitre 78/34722%~4 min de lecture797 mots

Un long moment s'écoula avant que Bai Zhou ne prenne enfin la parole.

Il lâcha une bombe d'emblée : « Mon père a un fils illégitime. »

Ji Fanyin ne fut pas trop surprise, mais elle écarquilla tout de même les yeux et demanda : « Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu viens de l'apprendre aujourd'hui ? »

« Il n'est pas beaucoup plus jeune que moi », ricana Bai Zhou. « Il lui ressemble, le vieux. Le secrétaire Li m'a dit que le vieux voulait que je rencontre deux personnes aujourd'hui, alors j'ai cru qu'il s'agissait de quelqu'un d'important. Il s'avère que c'était sa maîtresse et son fils illégitime. »

Ji Fanyin : Le cercle aristocratique est décidément bien compliqué.

« Il a dit que je resterais l'unique héritier… » Bai Zhou souffla. « Rien que ses biens personnels suffisent largement à faire vivre ces deux-là confortablement jusqu'à la fin de leurs jours. »

Ji Fanyin ne fut pas surprise le moins du monde.

Quand un couple comme les parents de Bai Zhou passait un accord pour fermer les yeux sur les adultères de l'autre, il y avait de fortes chances que l'un des deux finisse par avoir un enfant illégitime.

Ce serait une bénédiction si ces enfants n'avaient aucun intérêt pour la fortune familiale, mais la plupart finissaient par se battre pour l'héritage. Ji Fanyin en avait vu plus d'un dans son monde d'origine.

« Il les a même amenés pour me les présenter. Il s'attend à ce que je les appelle "mère" et "petit frère" ? » Bai Zhou serra le gobelet si fort que ses jointures blanchirent. « S'il s'était pointé devant moi aujourd'hui, je lui aurais enfoncé mon poing dans la figure ! »

L'énigme était résolue. Voilà pourquoi Bai Zhou s'était battu aujourd'hui.

Ji Fanyin soupira en elle-même.

À sa place, elle aurait depuis longtemps fait son deuil de parents aussi décevants et se serait lavée les mains de leurs affaires privées. Ce n'aurait été de toute façon qu'une perte de temps et d'énergie.

Cependant, Bai Zhou n'était pas aussi insensible qu'elle. Sous un certain angle, il était même plutôt sanguin.

« Tu vas en parler à ton père ? » demanda-t-elle doucement. « Si tu ne veux pas les rencontrer, pourquoi ne pas lui expliquer calmement ce que tu en penses ? »

« Je ne veux pas entendre sa voix pour l'instant », rejeta Bai Zhou avec irritation.

« Et… ta mère ? » Ji Fanyin décida d'aborder le problème sous un autre angle. « Elle ne va pas fermer les yeux là-dessus, non ? »

Bai Zhou retomba dans le silence.

Ji Fanyin ne put s'empêcher de remarquer la pression croissante de ses doigts sur le verre. Elle eut l'impression que ce verre innocent allait éclater d'un instant à l'autre.

« Elle le sait déjà », dit Bai Zhou d'une voix rauque. « Elle aussi… »

Il ne put continuer, s'agrippa au front, pris une grande inspiration. Ses sourcils acérés se plissèrent en un froncement douloureux.

Ji Fanyin comprit sur-le-champ.

Il y avait de grandes chances pour que les deux parents de Bai Zhou aient chacun un enfant illégitime. Grâce à ça, l'équilibre s'était rétabli naturellement quand ils s'étaient mis à table.

De quoi réjouir leurs factions respectives, qui seraient épargnées par d'inutiles conflits… même si on ne pouvait pas en dire autant des membres de la famille.

Ah, le cercle aristocratique est décidément bien compliqué !

Ji Fanyin ébouriffa doucement les cheveux de Bai Zhou et dit : « Qu'est-ce qui t'a le plus blessé ? Est-ce qu'ils sont différents de ce que tu imaginais ? »

« … Non, ils sont exactement comme je les imaginais. C'est juste que je croyais déjà sous-estimer leur sans-gêne, mais ils ont encore réussi à dépasser mes attentes. »

« Il y a en fait un moyen simple de leur prouver qu'ils ont tort », dit Ji Fanyin.

Bai Zhou leva la tête vers elle. « Comment ? »

Ji Fanyin le regarda en souriant : « Il te suffit de veiller à ne pas descendre à leur niveau et à ne pas faire les mêmes choses qu'eux. »

Quel dommage que toi, Bai Zhou, tu y sois déjà descendu. Tu as déjà manqué de respect à tes propres sentiments et à ceux des autres.

Ils se dévisagèrent quelques secondes, sans dire un mot.

Ji Fanyin conserva son sourire doux tandis que la pomme d'Adan de Bai Zhou montait et descendait, trahissant sa gêne.

Cette gêne fut brisée par l'interphone qui sonna depuis l'étage inférieur.

« Ce doit être le livreur », dit Ji Fanyin en se levant. Elle tapota légèrement la tête de Bai Zhou en ajoutant : « Tu dois avoir faim. Je vais chercher les ingrédients. »

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