Rappel rapide :
Le troisième jour de sa pause, Ji Fanyin reçut un appel de Ji Xinxin.
Ji Xinxin parla sur son ton enjoué habituel : « Grande sœur, une drôle de coïncidence est arrivée tout à l'heure. J'ai croisé un cadet qui m'a prise pour toi. Il a l'air très proche de toi, et il m'a raconté pas mal de choses sur ton compte. C'est un ami que tu t'es fait récemment ? »
Ji Fanyin s'affala paresseusement sur son canapé et posa la télécommande sur la table. Puis elle poussa un soupir d'exaspération.
Haaa, c'est encore ce genre de mesquine combine.
« Grande sœur ? » demanda Ji Xinxin. « Qu'est-ce que ce soupir ? J'ai dit quelque chose de travers ? »
« Bah non. Tu n'as pas déjà entendu tout ce que tu voulais savoir de sa bouche ? » Ji Fanyin joua le jeu avec nonchalance.
« Mais rien ne garantit que ce qu'il a dit est vrai, » répondit Ji Xinxin avec coquetterie. « Je t'ai toujours dit de te faire des amis, mais tu n'as jamais voulu m'écouter. Pourtant, pendant les mois où j'étais à Paris, tu t'en es trouvé un nouveau. Comment pourrais-je ne pas être curieuse ? »
Ji Fanyin répondit nonchalamment : « Tu n'avais qu'à lui en demander plus. Fais-lui me raconter ma vie. »
« Grande sœur, tu ressors encore ce genre de phrases ! » fit Ji Xinxin, mécontente. « Tu ne m'as même pas vue une seule fois depuis mon retour au pays. Papa et Maman disent que tu n'es pas revenue à la maison depuis un moment. Tu m'évites moi aussi ? »
« Tu as besoin de quelque chose ? »
« Je ne peux pas te voir juste pour prendre des nouvelles ? » riposta Ji Xinxin. « Où habites-tu maintenant ? J'apporterai à manger chez toi. Tu n'auras même pas à sortir de ton appartement. Ça te va ? »
« Non. Je suis en pause. » Ji Fanyin repoussa l'offre sans ménagement. « D'ailleurs, tu n'as pas plein de trucs à faire ces deux semaines ? »
Si le retour de Ji Xinxin au pays avait été décidé sur un coup de tête, elle avait une montagne de choses à y faire. Deux semaines ne suffiraient peut-être même pas.
En outre, Ji Fanyin n'avait aucune intention de divulguer son adresse. Elle avait le pressentiment que Ji Xinxin la « divulguerait » par « accident » à d'autres, comme Père Ji et Mère Ji.
Ji Xinxin soupira doucement au téléphone et dit : « Grande sœur… C'est bien que tu sortes de ta coquille, mais tu devrais te méfier de qui tu fréquentes. Chen Yunsheng est trop jeune, et il n'a pas l'air du genre à s'ouvrir facilement aux autres. Si tu te rapproches trop de lui et que tu te fais encore avoir… »
Elle s'arrêta net là, comme incapable de continuer.
Ji Fanyin farfouilla dans le canapé à la recherche de son câble de charge. « Ça n'arrivera pas. Je couperai les ponts dès qu'il essaiera quoi que ce soit. »
Les mauvaises femmes ne se font jamais avoir !
« Grande sœur… »
Ji Xinxin voulait encore ajouter quelque chose, mais Ji Fanyin n'avait plus la force de continuer. Ayant enfin retrouvé son câble, elle raccrocha vite fait : « Ma batterie va mourir. Salut. »
Son téléphone affichait encore 90 % quand elle raccrocha.
Ji Fanyin réfléchissait aux motivations de Ji Xinxin depuis que cette dernière avait décidé de garder Song Shiyu dans son vivier, malgré la découverte que sa grande sœur s'intéressait à lui. Elle avait pu formuler plusieurs déductions d'après les paroles et actes de Ji Xinxin, mais la preuve décisive restait le témoignage de Li Xiaoxing.
On dirait que Ji Xinxin a tenté un coup en apprenant l'existence de Chen Yunsheng.
'Je me demande vraiment pourquoi un couple de jumeaux en arrive là. Ont-elles eu une grosse dispute ou quelque chose dans le passé ?'
Ji Fanyin avait bien reçu les souvenirs de « Ji Fanyin » en transmigrant, mais la vie de cette dernière était si frustrante et si étrangère qu'elle ne voulait pas les examiner. Ce n'était qu'en cas de besoin absolu ou face à une scène familière déclenchant un souvenir qu'elle les triait.
C'était comme un lecteur fan de protagonistes forts qui ne s'attarderait même pas sur un mélo tragique en cherchant un livre.
D'ailleurs, Ji Xinxin n'avait plus d'importance pour elle.
Ji Fanyin avait déjà réussi à accumuler un capital de départ suffisant. Même si elle arrêtait son activité de doublure dès maintenant, elle aurait encore plein d'autres moyens de gagner de l'argent.
Elle possédait aussi le studio de scénarisation qu'elle avait fondé avec He Shen et Zhang Ning. Avec ces deux pointures qui tenaient le choc, elle n'avait pas à s'inquiéter de trouver des partenariats ou de se faire mettre sur liste noire dans le milieu du divertissement.
Impossible de nier que son boulot de doublure rapportait vite, mais ces derniers mois, sa position était déjà passée de « meilleure option » à « simple bonne option ».
Ce serait bien si elle pouvait le maintenir, mais sinon, il y avait plein d'autres opportunités où investir son temps. Même si elle se fâchait avec Ji Xinxin maintenant, elle n'avait rien à craindre, alors elle ne voyait pas pourquoi elle perdrait son temps avec elle.